Día de los Muertos : traditions mexicaines, rituels et accompagnement du deuil

Día de los Muertos : quand la culture mexicaine nous enseigne l’art d’honorer la mort et de célébrer la vie

Découvrir les traditions funéraires d’ailleurs, c’est aussi enrichir notre façon d’accompagner la fin de vie et le deuil.

Chaque année, à l’approche de la fin octobre, le Mexique se prépare à vivre l’une de ses célébrations les plus emblématiques : le Día de los Muertos ou Jour des morts.

Loin d’être uniquement une période de tristesse et de recueillement, cette tradition profondément enracinée dans la culture mexicaine nous invite à poser un regard différent sur la mort. Les couleurs éclatantes, les fleurs, les offrandes, les photographies, les chants et les rassemblements familiaux deviennent autant de façons de célébrer la mémoire de ceux et celles qui nous ont quittés.

À l’École internationale d’accompagnement Cybèle, nous croyons profondément que la compréhension des différentes cultures, croyances et traditions entourant la mort fait partie intégrante de la formation des professionnelles de l’accompagnement.

Aujourd’hui, j’avais envie de vous faire découvrir cette célébration qui occupe une place toute particulière dans mon cœur.

Une tradition mexicaine qui me touche personnellement

Si j’ai choisi de vous parler du Día de los Muertos, ce n’est pas uniquement en raison de mon intérêt professionnel pour les rituels entourant la mort et le deuil.

C’est aussi parce que la culture mexicaine fait partie de mon histoire familiale, puisque ma belle-sœur est mexicaine.

Au fil des années, j’ai eu l’occasion de découvrir certaines richesses de cette culture, notamment cette façon si particulière d’entretenir les liens entre les vivants et les morts.

J’ai également eu l’immense privilège de vivre personnellement le Día de los Muertos au Mexique. Cette expérience a été profondément transformatrice pour moi, tant sur le plan humain que professionnel.

Elle m’a permis de constater à quel point les rituels peuvent devenir des espaces de rassemblement, de transmission, d’expression des émotions et de connexion avec les personnes disparues.

Le Día de los Muertos : une célébration où la mémoire demeure vivante

Le Día de los Muertos trouve ses racines dans la rencontre entre des traditions autochtones mésoaméricaines et des pratiques catholiques introduites pendant la période coloniale.

Aujourd’hui, cette célébration est particulièrement associée au 1er et 2 novembre, bien que certaines communautés et familles commencent leurs préparatifs plusieurs jours auparavant.

Au cœur de cette tradition se trouve une idée profondément symbolique : les personnes décédées ne disparaissent pas complètement tant que leur mémoire continue de vivre dans le cœur de leurs proches.

Les familles préparent notamment des ofrendas, ces autels commémoratifs sur lesquels elles déposent des photographies, des bougies, des fleurs, des aliments et des objets qui rappellent les goûts et la personnalité des défunts.

Ces gestes permettent de maintenir un lien symbolique entre les générations et de donner une place tangible aux souvenirs.

Du 27 octobre au 2 novembre : sept journées, sept intentions symboliques

Dans certaines traditions populaires mexicaines, les journées précédant le Día de los Muertos sont associées à différentes catégories de défunts.

Il est important de préciser que ces interprétations ne sont pas universelles. Les dates, les croyances et les coutumes varient selon les régions, les communautés et les familles.

27 octobre : le retour des animaux de compagnie

Selon certaines traditions récentes, les animaux de compagnie décédés seraient les premiers à retrouver symboliquement le chemin de leur foyer.

Cette journée nous rappelle à quel point les animaux occupent une place importante dans nos vies et combien leur disparition peut provoquer un véritable processus de deuil. D’ailleurs, au sein même de la certification Thanadoula à large spectre se trouve un module complet portant sur le deuil animalier.

Pour les professionnelles de l’accompagnement, c’est aussi une belle occasion de reconnaître la légitimité de ce type de deuil, encore trop souvent minimisé.

28 octobre : les personnes décédées soudainement ou violemment

Cette journée est consacrée, dans certaines traditions, aux personnes dont la vie s’est terminée brutalement, notamment à la suite d’un accident ou d’un événement violent.

Elle nous invite à réfléchir aux particularités des deuils soudains, où le choc, l'incompréhension et l'absence de préparation peuvent occuper une place importante. Tout comme pour le module sur le deuil animalier, notre certification Thanadoula propose un module entier au deuil en contexte tragique.

29 octobre : les âmes oubliées

Cette journée rend hommage aux personnes décédées dont la mémoire n’est plus entretenue ou dont personne n’a réclamé la dépouille.

Elle soulève une réflexion essentielle : comment préserver la dignité d’une personne, même lorsque celle-ci ne laisse derrière elle aucun proche pour raconter son histoire?

30 octobre : les défunts sans famille

Cette journée invite à se souvenir des personnes qui n’ont plus de famille pour leur rendre hommage.

Elle rappelle l’importance de la solidarité humaine et de la mémoire collective.

31 octobre : la préparation à l’accueil des ancêtres

Dans certaines familles, cette journée est consacrée aux derniers préparatifs des autels et des espaces de commémoration.

On dispose les offrandes, on allume les bougies et on prépare symboliquement la maison à accueillir les êtres chers disparus.

1er novembre : les bébés et les enfants décédés

Le 1er novembre est notamment associé aux angelitos, les petits anges, en référence aux enfants décédés.

Les familles peuvent préparer des offrandes adaptées aux enfants, avec des jouets, des friandises et des objets significatifs.

Cette journée nous rappelle toute l’importance de reconnaître la place des bébés et des enfants décédés dans l’histoire familiale.

Deux modules sont consacrés à ce deuil si particulier à la fois au sein de notre certification Thanadoula à large spectre et de notre certification Doula à large spectre, soit l’introduction au deuil périnatal et l’introduction à l’accompagnement émotionnel des femmes en situation d’interruption volontaire ou médicale de grossesse (IVG / IMG).

2 novembre : les adultes disparus et la mémoire des ancêtres

Le 2 novembre constitue l’un des moments centraux du Día de los Muertos.

Les familles honorent leurs proches décédés, visitent parfois les cimetières, partagent des repas et entretiennent les souvenirs.

Les célébrations se terminent progressivement, mais la mémoire, elle, continue de vivre.

Le cempasúchil : cette fleur orangée qui guide symboliquement les âmes

Impossible de parler du Día de los Muertos sans évoquer cette magnifique fleur orangée que l’on retrouve partout dans les décorations et les autels commémoratifs.

Le cempasúchil, souvent appelé souci mexicain ou rose d’Inde, est l’un des symboles les plus reconnaissables de cette célébration.

Sa couleur orange intense, parfois dorée, évoque la lumière et le soleil. Son parfum caractéristique occupe également une place importante dans les croyances populaires.

Traditionnellement, les pétales sont disposés sur les autels ou au sol pour créer des chemins symboliques permettant aux âmes de retrouver leur maison et leurs proches.

Au-delà de sa beauté, cette fleur illustre parfaitement la puissance des objets et des éléments naturels dans les rituels.

Une simple fleur peut devenir un symbole de mémoire, de passage, d’amour et de continuité.

Une expérience au Mexique qui a transformé mon regard sur la mort

Lorsque j’ai eu la chance de vivre le Día de los Muertos au Mexique, je ne m’attendais pas à être aussi profondément touchée par cette expérience.

Le 28 octobre, j’ai été témoin d’une noyade.

Cet événement particulièrement bouleversant a pris, pour moi, une dimension symbolique supplémentaire lorsque j’ai découvert que cette date était justement associée, dans certaines traditions, aux personnes décédées de manière soudaine ou violente.

Cette concordance m’a profondément marquée.

J’ai également eu l’occasion de vivre une grande cérémonie dans un cenote, une formation naturelle remplie d’eau, caractéristique de certaines régions du Mexique et particulièrement significative dans la culture maya.

Ce moment de rassemblement, de symbolisme et de connexion avec les éléments naturels demeure gravé dans ma mémoire.

J’en suis revenue avec une conviction encore plus forte : les rituels ne sont pas de simples gestes symboliques. Ils peuvent devenir de véritables espaces de sens, de transmission, d’expression et de transformation.

Cette expérience a enrichi ma compréhension de l’accompagnement de la fin de vie et du deuil, mais également ma façon de transmettre ces connaissances aux futurs professionnels de l’accompagnement.

À l’École Cybèle, la diversité culturelle fait partie intégrante de notre enseignement

À l’École internationale d’accompagnement Cybèle, nous accordons une importance fondamentale au respect des cultures, des croyances, des traditions et des rituels.

Nous croyons qu’une thanadoula doit développer une grande ouverture d’esprit et une profonde sensibilité aux différentes façons de concevoir la vie, la mort et ce qui peut symboliquement les relier.

Notre rôle n’est pas d’imposer nos croyances ou notre propre vision de la mort, mais d’accueillir celles des personnes que nous accompagnons.

Certaines familles trouvent du réconfort dans les traditions religieuses. D’autres privilégient des rituels spirituels, culturels, laïques ou entièrement personnalisés.

Il n’existe pas une seule bonne façon d’honorer un défunt.

C’est pourquoi la découverte des pratiques funéraires et commémoratives d’ici et d’ailleurs constitue une dimension essentielle du cheminement de nos étudiantes inscrites à la certification Thanadoula à large spectre.

Les rituels et l’espace sacré

Dans le cadre de leur parcours de formation, nos étudiants découvrent notamment le cours portant sur les rituels et l’espace sacré.

Ce cours leur permet de réfléchir à la place des rituels dans l’accompagnement, à leur portée symbolique ainsi qu’à l’importance de créer des espaces respectueux des besoins, des valeurs et des croyances des personnes accompagnées.

L’objectif est notamment de développer une posture professionnelle fondée sur l’écoute, le respect, la créativité et la reconnaissance de la diversité humaine.

Le Día de los Muertos constitue d’ailleurs un magnifique exemple de tradition culturelle pouvant nourrir les réflexions entourant ce cours.

Aller plus loin avec une spécialisation en rituels et fin de vie

Pour les personnes qui souhaitent approfondir davantage cette dimension de l’accompagnement, il est également possible de poursuivre leurs apprentissages grâce à notre formation de spécialisation Les rituels et la fin de vie dispensée par Stéphane Crête.

Cette formation permet d’explorer plus particulièrement la place des rituels dans l’accompagnement de la fin de vie.

Parce que les rituels peuvent prendre une multitude de formes et répondre à des besoins profondément humains, leur compréhension représente une richesse supplémentaire dans la pratique professionnelle d’une thanadoula.

Et si vous découvriez le Día de los Muertos en regardant le film Coco?

Pour terminer, j’avais envie de vous proposer une petite activité culturelle accessible à toute la famille.

Pourquoi ne pas profiter de cette période de l’année pour regarder, ou revoir, le magnifique film Coco de Disney et Pixar?

À travers son univers coloré, sa musique et son histoire familiale touchante, ce film nous plonge dans plusieurs symboles du Día de los Muertos.

Il aborde notamment la transmission intergénérationnelle, la mémoire familiale, l’importance des souvenirs et les liens qui continuent de nous unir aux personnes disparues.

Bien entendu, il s’agit d’une œuvre de fiction qui propose une interprétation artistique de certaines traditions mexicaines et non d’un documentaire à proprement parler. 

Il constitue néanmoins une magnifique porte d’entrée pour amorcer une réflexion sur la place que nous accordons à nos défunts.

Et pourquoi ne pas profiter de ce visionnement pour discuter, en famille, des personnes qui ont marqué votre histoire et des souvenirs que vous souhaitez préserver?

Honorer les différences pour mieux accompagner l’humain

Découvrir le Día de los Muertos, c’est bien plus que s’intéresser à une célébration colorée.

C’est accepter de regarder la mort à travers une autre fenêtre culturelle.

C’est comprendre que les rituels peuvent permettre aux familles de se rassembler, de transmettre leur histoire, d’exprimer leurs émotions et de préserver un lien symbolique avec les êtres chers disparus.

C’est aussi reconnaître que notre propre rapport à la mort n’est qu’une façon parmi tant d’autres de vivre cette réalité universelle.

En tant que fondatrice de l’École internationale d’accompagnement Cybèle, je souhaite que nos étudiants puissent développer cette curiosité, cette ouverture et cette sensibilité culturelle, tout au long de leur formation.

Car accompagner une personne dans les derniers instants de sa vie ou soutenir ses proches dans leur deuil demande bien plus que des connaissances théoriques.

Cela demande de l’humanité, de l’humilité et une profonde capacité à accueillir l’autre dans toute son unicité.

Et si, cette année, le Día de los Muertos devenait pour vous une occasion de découvrir une nouvelle tradition, de réfléchir à vos propres rituels et, surtout, de célébrer la mémoire de ceux et celles qui continuent de vivre dans votre cœur?

Avec douceur,

Nancy Richard

ÉCOLE INTERNATIONALE D'ACCOMPAGNEMENT CYBÈLE
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Date de publication :

  • 27 Oct, 2026
  • © École internationale d'accompagnement Cybèle Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés.

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