Les multiples enjeux du vieillissement
Claudine Jean - Les multiples enjeux du vieillissement

J’ai eu envie de souligner à ma manière, la journée internationale des personnes âgées du 1er octobre. J’ai choisi alors de rédiger un article sur les multiples enjeux du vieillissement.

 

Entre les rêves que l’on a d’une retraite active et la réalité, l’écart peut être immense. En fait, à cette étape de vie, les enjeux sont aussi multiples et variés qu’à tout autre moment charnière : santé, finances, peurs, isolement, … Le vieillissement comporte une succession de moments de joie, de deuils et de liberté; une véritable ronde.

 

L’espoir et les rêves

 

Une retraite active, des voyages, du temps pour soi, pour les mille et un projets auxquels on a rêvé, pour soi, la famille, les petits-enfants… qui n’en rêve pas ?!

 

Du temps pour…

  • Voyager;
  • Pratiquer de multiples loisirs;
  • Visiter la parenté éloignée;
  • Recevoir les petits-enfants pour le week-end;
  • Organiser des soupers en famille;
  • Mettre de l’ordre dans les albums photos;
  • Faire de la photographie;
  • Lire;
  • Visiter les enfants;
  • Partir sans devoir planifier à l’infini;
  • Jardiner;
  • Rénover;
  • Participer à des soupers entre amis;
  • Bricoler;
  • Peindre;
  • S’impliquer bénévolement;
  • Aller au cinéma;
  • Jouer au golf;
  • … quoi d’autre encore?

 

Du temps pour vivre! Pour faire les multiples choses qu’on aurait tant aimées pouvoir faire plus souvent pendant notre vie active de travailleur. Ne plus avoir à se préoccuper du jour de la semaine ou devoir demander des vacances. Ne plus avoir à planifier la prochaine semaine parce que celle-ci défilera à la vitesse de l’éclair, n’est-ce pas extraordinaire !? C’est clair; on en rêve tous!

 

Dans ce cas, pourquoi n’est-ce pas tous les jours la panacée?

 

Les craintes

 

Il est évident que le temps est le principal cadeau du vieillissement et de la retraite. Et c’en est un immense! Mais, à la fois, une certaine vulnérabilité s’installera pour plusieurs aînés.

 

Ceux-ci peuvent ressentir la crainte de n’avoir pas suffisamment planifié les imprévus financiers de la retraite. La peur de manquer de ressources est souvent bien présente. Une fois à la retraite, obtenir une source supplémentaire de revenus, en cas de besoin, peut s’avérer beaucoup plus difficile que lorsque l’on est dans la force de l’âge. L’augmentation du coût de la vie, à elle seule, augmente déjà la précarité financière de plusieurs retraités.

 

La peur de la maladie est également très présente pour de nombreuses personnes âgées. Et qui pourrait le leur reprocher? Quel que soit notre âge, la maladie nous place en situation de grande vulnérabilité. Imaginer perdre ses capacités et son autonomie à un âge où l’on peut enfin profiter de plus de liberté, augmente le stress de plusieurs aînés.

 

S’ennuyer. Ça occupe également une place d’importance  dans les préoccupations, lorsque l’on vieillit. Dans une société où l’on est constamment valorisé par nos actions et nos accomplissements, on est peu préparé à entrer dans une ère de loisir! C’est tout le système de valeurs de nos aînés qui est alors bouleversé. Un sentiment d’inutilité s’ajoute malheureusement parfois à l’ennui, pour parfaire le tableau.

 

Une réalité parfois cruelle

 

Les pertes cognitives, d’autonomie, du permis de conduire et autres ne sont que quelques exemples des multiples deuils auxquels seront éventuellement confrontés nos aînés. Une série de pertes plus ou moins grandes, selon la situation et la personnalité. La personne vieillissante est constamment en adaptation face à tous ces changements.

 

C’est sans compter les êtres chers qui nous quittent pour un monde meilleur. Plus les années passent, plus nos disparus se font nombreux. Cette succession de deuils, dont le rythme augmente sans cesse, peut se faire de plus en plus lourde pour nos aînés et les laisser imprégnés d’une profonde tristesse.

 

La solitude

 

Alors que le temps libre se multiplie à l’infini, les proches eux sont souvent encore pris dans le tourbillon intense de la vie familiale et professionnelle. Si la vie sociale de nos aînés n’est pas peuplée d’autres retraités, il est possible qu’ils souffrent grandement de solitude.

 

Même les enfants et petits-enfants les plus présents et aimants ne peuvent toujours assurer une présence suffisante pour certains aînés plus fragiles.

 

Les guider et les encourager à participer à des activités sociales ou autres, en fonction de leur tempérament et de leur champ d’intérêt devient alors primordial. Les accompagner physiquement, lors de l’inscription à certaines activités, sera parfois le petit encouragement supplémentaire dont ils ont besoin pour sortir de l’isolement.

 

Attention à l’infantilisation Les guider, les accompagner, avec beaucoup d’amour et de respect. En ne perdant jamais de vue qu’un aîné en perte d’autonomie est tout d’abord un adulte. Bien que leur comportement puisse parfois nous rappeler les caprices de nos jeunes enfants, il faut garder en tête qu’il s’agit toujours d’adultes. Je ne sais pas pour vous, mais moi, lorsque je réalise mon incapacité je deviens parfois irritable et capricieuse… L’infantilisation est un piège dans lequel on peut facilement tomber face à nos aînés en perte d’autonomie. Un piège d’une grande tristesse.

 

En conclusion

 

À l’heure du vieillissement, les occasions de se sentir vulnérable se multiplient et elles s’ajoutent aux nombreux deuils de nos aînés. Constamment en train de s’adapter aux pertes de capacités et aux deuils, ils ont besoin de tout notre amour pour bien vivre cette période primordiale qu’est ce dernier tiers de vie.

 

Le portrait que j’en trace peut sembler bien sombre aujourd’hui. Ces enjeux ne sont cependant que la trame de fond derrière le vieillissement. Comme à toute autre étape de la vie, chacun l’aborde avec sa propre personnalité et y saupoudre joie et gratitudes ou bien regrets. Le soutien et l’accompagnement de cette période sera toujours d’une importance capitale.

 

Le troisième âge, qu’on peut également voir comme la période de récolte de tout ce que l’on a semé au cours de notre vie, souhaitons-le généreux!

On vous invite à visiter notre faculté pour apprendre d’avantage au https://ecolecybele.com/la-faculte-fin-de-vie/

 

 

Claudine Jean
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